Travail à l'ancienne et familialGaragiste à la retraite, Roger Guillaumont continue à traquer les épaves en Auvergne. Il a transmis son entreprise à son fils Franck, qui ne sais plus ou mettre les véhicules de ses clientsRoger aurait bien aimé disposer de plus de place mais dans les petites villes, les commerçants établis ne voient pas arriver un nouveau confrère d'un bon oeil. De 1955 à 1959, il démonte les moteurs deux-temps et quatre-temps chez Jean Horace, qui répare les cycles et motos à Marsac en Livradois."J'ai appris l'ABC de la mécanique. Lorsque le travail manquait, je construisais des poêles à sciure en roulant des tôles et en formant les couvercles". L'ambertois part au service militaire et en Algérie, s'occupe du dépannage dans l'escadron blindé auquel il est affecté. C'est l'occasion pour lui de se familiariser avec la mécanique des blindéset des half-tracks. "Je me souviens encore de l'ordre d'allumage des deux V8 Cadillac à transmission hydraulique". A son retour en métropole, il se reconvertit dans l'automobile. Chez l'agent Citroën de Courpière, il entretient des Traction, C4, U23 et HY avant de passer quelques mois au grage Renault de Marsac. C'est chez Boithias, le carrossier d'Ambert, qu'il se perfectionne en tôlerie. "Jusqu'à l'age de 30 ans, j'en ai fait à outrance à raison de dix heures par jour six jours par semaine. A cette époque, les clients payaient la main d'oeuvre 10 francs de l'heure." Le 1er avril 1969, il décide de se mettre à son compte et ouvre son garage dans une ancienne tuilerie. Tout ira bien jusqu'au début des années 90. Mais en 1992, les ennuis financiers s'accumulent. L'affaire redémarre grâce à son fils qui, aprés avoir passer plusieurs CAP (mécanicien et électricité) et efféctué un stage au centre d'essais Ligier F1, apprend le métier de carrossier. La passion du père pour les voitures anciennes s'est répandue dans la région et les commandes ne tardent pas à arriver. Le premier chantier est un coupé Traction qui restera de 1997 à 2003. "Cette voiture avait été jetée dans un ravin. Il a fallu remplacer tout ce qui était pourri et comme le client n'était pas très argenté, le chantier a duré longtemps". Un cabriolet succède au coupé. "Cette seconde Trac venait du Canada. J'ai dû avec mon fils reformer le plancher et les bas de caisse à la main en soudant les pieces bord à bord avec le minimum d'apport de métal pour pouvoir planer la tôle au marteau". Patiemment, les éléments de la voiture seront reconstitués et elle sera présentée à Epoqu'auto en 2005. D'autres véhicules se sont succédés, comme une Salmson de 1952, une Lancia Aurélia, un break ID, une Panhard Scarlette, un coupé Jaguar type E ou un cabriolet 201."Un stéphanois m'a proposé de m'occuper d'une 201 dans son jus qui commencait à se dégrader. Il la voulait comme neuve." affirme Roger qui se souvient de la 201 de l'école d'agricultured'Ambert qui en 1953 servait aux cours de mécanique. Parallélement, le garage s'occupe de repeindre les autorails Renault Panoramic et Picasso du musée AGRIVAP, l'équivalent de dix automobiles chacun. Roger et Franck prposent aux collectionneurs de Citroën des ailes neuves de B2 ou B14 à 500€ chacune, grâce au travail de Bernard Terne, un tôlier trés minutieux.
Tiré de l'hebdomadaire : La vie de l'auto du 14 fevrier 2008 |